Machisme et Misogynie dans la Country Music

par Eric Allart

“Prenez-les jeunes, traitez-les durement et ne leur dites rien”

Dans les attendus à la rédaction de cet article, je me voyais crouler sous les figures sexistes essentiellement dans le répertoire archaïque du Old-Time et du Bluegrass des origines. La situation s’avère bien plus complexe. Nous avons déjà présenté la violence (parfois meurtrière) faite aux femmes dans des articles antérieurs (Le Cri du Coyote n° 132, 144). Cependant les genres traditionnels valorisent aussi la figure de la mère, de la femme au travail, de la bonne chrétienne. Lieux communs pas spécialement progressistes ou émancipateurs, reflets de sociétés passées, qui ne doivent jamais faire oublier que la compréhension d’une œuvre se fait toujours dans un contexte, un milieu, une époque dont elle est le reflet.
L’ultra violence ayant été traitée dans notre article du numéro 132, nous rappellerons brièvement ici Poor Ellen Smith et Banks of the Ohio, relatant et dénonçant des féminicides, sans aucune complaisance, le discours étant ici moraliste. Une amorce de conscience de la misère de la condition maternelle est aussi énoncée avec compassion dans Married Girl, Single Girl que nous avions cité dans l’article sur le Travail (Le Cri n° 152, 2017).
Les déboires des relations amoureuses et de leurs conséquences ont alimenté une somme d’œuvres qu’il n’est pas envisageable d’étudier ici dans leur exhaustivité. De plus, souffrir d’aimer ne suffit pas à faire d’un récit masculin une création misogyne par essence. C’est donc à un échantillonnage subjectif que je vous convie.

C’est dans le Western Swing californien de l’après-guerre que les pépites régressives les plus brutales émergent. Dans ces sociétés urbaines, industrialisées, en voie d’enrichissement rapide, mues par un progrès technique et social puissant, où les carcans puritains religieux ont déjà été bien entamés par la machine à rêves hollywoodienne en dépit du code Hays. Alors que le Bluegrass du Kentucky des années 40-50 traite toute femme en lady, peu importe son milieu social, le Californien et le Texan usent et abusent de l’ironie, de la mauvaise foi, du stéréotype à la louche contre les femmes.
Je propose une interprétation à cette floraison : ces chansons reflètent une masculinité surprise, contrariée par le réel. Les Californiennes, comme de nombreuses autres femmes américaines ont pris de mauvaises habitudes entre 1941 et 1945. Emancipées dans les faits par le travail et de nouvelles responsabilités, actrices de la société de consommation de masse naissante, elles retrouvent des hommes qui n’ont rien vu venir, ces derniers retournant souvent à la maison avec les troubles post-traumatiques de jeunes vétérans enclins à la violence et à un retour idéalisé à “la normale”. D’où une vision presque exclusivement à charge.

La femme, menteuse et superficielle, est un vieux cliché, pas spécifique à la Country Music puisque William Shakespeare et Molière ne se sont pas privés de l’utiliser, et le Blues compte aussi des pépites dans le genre.
Hank Penny à la fin des années 30 s’inscrit dans la libération des mœurs consécutives aux Années Folles, la séparation, le divorce, la recomposition ne sont plus considérés comme des crimes. Mais en 1951, la charge est plus directe, la femme soumise aux injonctions de la mode camoufle mal sa vraie nature, et en devient grotesque. On pourrait se limiter à n’y voir qu’une pique contre la mode et ses diktats esthétiques, or le verdict est plus brutal, la femme est influençable, certes, mais en plus maladroite et gourde.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 01-hank-penny.jpg

Sweet Talkin’ Mama (Hank Penny, 1938)
Now you told me this and you told me that
But you were just talking through your hat
I’m getting tired of your sweet talking me
You told me that your love was true and you had me believing in you
I’m getting tired of your sweet talking me
I’m glad you’re gone yes sir yes, cause things just turn out just fine
Every little girl that I see I say “why don’t you come up to see me sometime
I can get more girls that you can get friends If I can get ‘em at the end
I’m getting tired of your sweet talking me.

Douce embobineuse.
Tu me parlais de ci et tu me causais de ça, mais ce n’était que du vent/ J’en ai assez que tu me mentes/ Tu me disais que ton amour était sincère et que je devais te faire confiance / J’en ai assez que tu me mentes/ Je suis soulagé que tu se sois tirée, oui monsieur, parce que les choses se sont bien arrangées. A toutes les petiotes que je croise je lance “Pourquoi ne passerais-tu pas me voir un de ces quatre ?” Je peux me faire plus de copines que toi d’amis ; si je peux finir par les avoir. / J’en ai assez que tu me mentes

Peroxyde Blond (Hank Penny, 1951)
I met a girl from Iowa and her hairs were white as snow
I asked her how they turned that way and she said “That’s how it grow”
Her skin was tainted her eyes were brown and then I knew the story
The color comes from bottles she buys down at the stores
Peroxide blond, don’t think you’re fooling me
Peroxide blond, it’s plain to see
You pretend you’re really blond, it’s sure ain’t true
Look at them black curls peaking thru’
Go home and soak your head, you peroxide blond !
Now my girl friends smiles at me and make my girl see red
She charges right up her brother, this is what she said
You might be what the gents prefer but you can bet your boots
I’ll snatch you plum ball headed yanks have them black roots
I heard her talking to a friend of mine, it was just yesterday
She asked him if he love her when her hairs are turned to gray
He looked at her and smiled and then this is what he said
“Add another color woman and you’ll have a Technicolor head !”

Blonde peroxydée. Hank Penny. 1951
J’ai rencontré une fille de l’Iowa dont les cheveux étaient blancs comme neige/ Je lui ai demandé comment ils avaient tourné de cette façon et elle a dit « C’est comme ça qu’ils poussent”./ Sa peau était mate, ses yeux étaient marrons et j’ai compris l’histoire/ La couleur provient de bouteilles qu’elle achète dans les magasins. Blonde peroxydée, ne pense pas que tu me trompes/ Blonde peroxydée, ça se voit/ Tu prétends que tu es vraiment blonde, c’est sûr que ce n’est pas vrai/ Regarde-les boucles noires pointant à travers ta chevelure !/ Rentre chez toi et rince-toi la tête, blonde peroxydée !/ Maintenant les amis de ma copine me sourient et ça la rend folle/ Elle en veut jusqu’à son frère, voici c’est ce qu’elle a dit/ Vous êtes peut-être ce que les messieurs préfèrent, mais vous pouvez parier vos bottes que<: Je t’arracherai la tête pour montrer ces racines noires ! Je l’ai entendue parler à un de mes amis, c’était hier/ Elle lui a demandé s’il l’aimait quand ses cheveux sont devenus gris/ Il l’a regardée et a souri et puis c’est ce qu’il a dit : ”Ajoutez une autre couleur et vous aurez une tête en Technicolor ! »

Dont Telephone, Dont Telegraph Tell A Woman (Tex Williams, 1947)
If you wanna spread the news theres a lotta ways to use but the ordinary ways are much to slowthere is just one thing to do here is my advice to you confidentially it’s the fastest way i knowdont telephone, dont telegraph tell a woman and the news will get arounddont telephone, dont telegraph tell a woman and she’ll really go to townall my life i didn’t think it was wrong to take a drinktill’ one day my gal found out and I was sunkseems the woman spread the word and the next thing that I heardthey were saying I was in the gutter drunk (call a cop)Telephone (no, no), Telegraph (never, never)Tell a woman if you want to advertisetell a woman and she’ll build it up with liesNow my gal and I would sparkevery evening after darkAnd one night I said please be my honey bee(buzz, buzz)Later on I changed my mindbut it didn’t work I findcause she slapped a breach of promise suit on metell a woman and she’ll tear your heart in twotell a woman but you’re crazy if you doSaw the cutest blonde one daydancin’ in a cabaretand she swung her hips around from a to z(a, b, c, d, e all night)it didn’t mean a thingif you haven’t got that swingso she turned around and took a swing at meTell a woman and she’ll put you in your placeTell a woman and she’ll slap you in the face

Ne téléphonez pas, ne télégraphiez pas. Dites-le à une femme. (Tex Williams, 1947)
Si tu veux répandre une nouvelle il y a beaucoup de façons de faire/ Mais les canaux ordinaires sont beaucoup trop lents/ Il n’y a qu’une façon de faire voici mon conseil pour vous/ Entre nous c’est le moyen le plus rapide que je connaisse. Pas besoin de téléphoner, pas besoin de télégraphier/ Dis-le à une femme et la nouvelle se répandra/ Pas besoin de téléphoner, pas besoin de télégraphier/ Dis-le à une femme et ça gagnera toute la ville/ De toute ma vie je n’avais pas pensé que c’était mal de prendre un verre/ Jusqu’au jour où ma copine l’a découvert et j’ai sombré, il semble que les femmes se passent le mot et la chose que j’ai entendu ensuite/ C’est qu’on m’avait trouvé fin saoul dans le caniveau (Appeler un flic) Le téléphone ? (non, non), Le télégraphe ? (jamais, jamais)/ Dis-le à une femme si tu veux faire de la publicité/ Dis-le à une femme et elle le tordra avec des mensonges
Ma chérie et moi faisions des étincelles tous les soirs après la tombée de la nuit/ Et une nuit j’ai dit s’il te plait sois mon abeille, (Buzz Buzz) Plus tard j’ai changé d’avis/ Mais je crois que ça n’a pas marché parce qu’elle m’a giflé et collé un procès pour rupture de promesse/ Dis-le à une femme et elle te déchirera le cœur en deux/ Dis-le à une femme, si tu le fais c’est que tu es débile ! J’ai vu la blonde la plus mignonne, un jour, danser dans un cabaret/ Elle a ondulé des hanches de a à z (a, b, c, d, e) toute la nuit/ Si tu ne sais pas y faire dans ces cas là ça ne te servira à rien/ Alors elle s’est retournée et s’est jetée sur moi. Dis ça à une femme et elle te remettra à ta place/ Dis ça à une femme et elle te giflera

Never Trust A Woman. Jenny Lou Carson (Tex Williams 1947)
If you ain’t a man with a lot of guts, a dog-gone woman will drive you nutsYou can’t trust one to the corner now a daysYou gotta watch your doors or she’ll cheat you blind,A woman ain’t got but a one track mindYou’ll find out Bud, it’s the man who always pays
She’ll feed you a line that will turn your head and you’ll marry her and when you’re in bedShe’ll go through all the pockets in your pantsAnd if you object there’ll be a big fight and chances are it will last all nightI’m telling you man you just ain’t got a chance
Never, never trust a woman you’ll be sorry if you doNever, never trust a woman she’ll just make a monkey out of you
Though women are handy around the house, they can’t be trusted by man nor mouseIt’s a shame the way they drag a good man downIt’s a well-known fact they talk too much and they dig up dirt about the neighbors and suchAnd Paul Revere the gossip all around town
You’ll blow your top when they get in your hair and they’ll drive you to drink and man I’ll swearYou wish you never seen the light of dayI’m tipping you off your goose is cooked when one of them females get you hookedAnd so you better think it over while you may
Never, never trust a woman you’ll be sorry if you doNever, never trust a woman she’ll just make a monkey out of you

Ne jamais faire confiance à une femme. Jenny Lou Carson/Tex Williams 1947
Si tu n’es pas un homme avec beaucoup de cran, une saleté de femme te rendra dingue/ Tu ne peux plus faire confiance à la première venue/ Tu dois surveiller tes portes ou elle te trompera sans vergogne,/ Les femmes n’ont qu’une idée en tête/ Tu sauras mon pote, que c’est l’homme qui paie toujours/ Elle te donnera un signe qui te fera tourner la tête, tu l’épouseras et quand tu seras au lit/ Elle retournera toutes les poches de ton pantalon/ Et si tu t’y opposes, ça se finira en querelle et il y a de fortes chances que cela dure toute la nuit/ Je te dis mec, tu n’as simplement aucune chance
Jamais, ne jamais faire confiance à une femme, tu le regretteras si tu le fais/ Jamais, ne jamais faire confiance à une femme, elle va te faire tourner en bourrique/ Bien que les femmes soient à portée de main dans la maison, ni l’homme ni les souris ne peuvent leur faire confiance/ C’est une honte la façon dont elles entraînent un homme bon vers le bas/ C’est un fait bien connu qu’elles parlent trop et qu’elles déblatèrent des saloperies sur les voisins et le reste/ Et Paul Revere les potins dans toute la ville/ Tu pêteras les plombs quand elles se saisiront de toi et te pousseront à boire, mec je te jure/ Tu souhaiteras n’avoir jamais vu la lumière du jour/ Je te préviens que tes carottes seront cuites quand l’une d’entre elles te rendra accro/ Et donc tu ferais mieux d’y réfléchir pendant que tu peux/ Jamais, ne jamais faire confiance à une femme, tu le regretteras si tu le fais/ Jamais, ne jamais faire confiance à une femme, elle va te faire tourner en bourrique

Tex Williams est un des meilleurs crooners du Western swing tardif des années 40-50. Star consacrée du Big band de Spade Cooley comme vocaliste, il fréquenta de près ce dernier, alors modèle de psychopathe violent, jaloux et suspicieux, une sorte de diamant noir. Nous ne saurions mieux conseiller à nos lecteurs anglophones que d’écouter le blog magistral de Tyler Mahan Coe “Cocaïne and Rhinestone” consacré à Spade où il détaille avec des précisions cliniques les tortures qu’il fit subir à son épouse avant de l’assassiner sous les yeux de leur gamine.
Tex n’avait pas ce profil, mais, avant sa séparation violente avec Spade Cooley en 1947 il baignait à Hollywood dans un climat délétère de toxicomanie, de prostitution, de perversions diverses qui alimentèrent les romans de James Ellroy. Frustrations, jalousies et réussites météoritiques, un terreau favorable à l’expression d’un mépris bien navrant et assez consensuel pour l’époque. Tex en est conscient, tout le procédé relève d’une connivence entre mâles, tout à fait conscients que ça ne passera pas : “Dis ça à une femme et elle te remettra à ta place/ Dis ça à une femme et elle te giflera.”

On remarquera, coïncidence ? Que ces formats de “talking blues” sont très proches, tant sur la forme que le fond, de propos identiques que l’on retrouve aujourd’hui dans le Rap le moins évolué. On constate dans un créneau chronologique très court et localisé, l’affirmation, ou plutôt le rappel, d’une domination patriarcale avec mode d’emploi et conseils pratiques. Or, nous devons le souligner, ces figures d’insistances sont le reflet d’une dépossession. La Californienne des années 40 ne tourne plus rond, et c’est en cela que l’homme réagit à ce qu’il perçoit comme une menace à sa suprématie.
Hank Penny, décrit par tous ses contemporains comme un homme charmant et drôle lui a aussi donné dans des textes difficilement justifiables aujourd’hui :

Catch’em young treat them rough never tell’em nothing. (Hank Penny. 1951)
The verse is short and so is the song
Just follow my advice and you can’t do wrong
Catch’em young treat them rough never tell’em nothing
Catch’em young treat them rough never tell’em nothing
Cause that’s what get results
Let ‘em cry, let ‘em sad, never tell’em nothing, don’t you tell ‘em nothing
Let ‘em ? , let ‘em sweat, tell’em nothing, don’t you tell ‘em nothing
Cause that’s what get results
Ever you get in trouble, keeping girls within your reach
You can fix this on a double, just practice what I preach
Play it smart from the start, never tell’em nothing, absolutely nothing
Being tough, being rough

Attrapez-les jeunes, traitez-les brutalement, ne leur dites rien. Hank Penny. 1951
Le couplet est court et la chanson aussi/ Suivez simplement mes conseils et vous ne pourrez pas vous tromper/ Attrapez-les jeunes, traitez-les brutalement, ne leur dis rien/ Attrapez-les jeunes, traitez-les brutalement, ne leur dis rien/ Parce que c’est ce qui donne des résultats/ Laissez-les pleurer, laissez-les se morfondre, ne leur dites jamais rien, ne leur dites rien/ Laissez les, laisse-les transpirer, ne leur dites rien, ne leur dites rien/ Parce que c’est ce qui donne des résultats/ Jamais tu n’auras des ennuis, en gardant les filles autour de toi/ Tu peux régler ça sur un coup double, pratique juste ce que je prêche/ Joue intelligemment dès le début, ne leur dites jamais rien, absolument rien/ Sois dur, Sois impitoyable

Si la Californie se démarque par une brutalité crue et explicite, le cœur historique du genre, à Nashville et dans le Sud, s’épanche surtout sur la souffrance des relations toxiques. L’homme est nécessairement la victime. La femme est coupable quand elle ne suit pas le modèle familial standard tracé par la norme. Hank Williams le raconte sans filtre, étalant sa relation chaotique avec Audrey, chargée de toutes les fautes. Quelques années plus tard, en 1964, à l’orée du Women’s lib américain, George Jones poursuit les injonctions sans état d’âme. Menaces, rappel à l’ordre, avec Better treat your man, une chanson de Wayne Raney de 1951. Faute de place, nous nous contenterons de mentionner dans le répertoire du Possum Please don’t let that woman get me en 1966, plutôt orienté dans un registre comique épais où le narrateur est prêt à endurer le destin de Daniel dans la fosse aux lions ou à être pendu plutôt que de céder à celle qui le poursuit de ses assiduités ! On retrouve l’ambivalence attirance/ répulsion que nous avons plusieurs fois évoquée ici dans nos articles sur le Sexe et le Mal dans la Country music. La femme qui traine dans les bars, la prostituée, sont des créatures diaboliques et de dangereuses tentatrices.

Jimmy Heap and His Melody Masters ont, les premiers, enregistré Wild Side en 1951, sans succès. Hank Thompson la reprend en 1952, et tient avec le sommet du classement Billboard country chart durant trois mois et demi. C’est son premier tube depuis 1949. Tous les clichés y sont comme à la parade : un garçon faible, ébloui par une garce qui l’entraine vers la damnation et l’abandonne, rien de nouveau sous le soleil. “Ce n’est pas dieu qui a fait les anges que l’on croise dans les bars”. Ces clichés véhiculés par Hank Thompson sont entendus à la radio par le parolier J.D. Miller qui se dit qu’elle mérite une réponse. Decca va proposer de l’enregistrer à Kitty Wells qui en fit un tube en 1952, et qui lança sa carrière, faisant d’elle une des premières star féminines du genre si l’on excepte Patsy Montana dans les années 30. La voix plaintive de Kitty, endossant le rôle de la victime, est un coup de maitre, le vice est la faute de l’homme, la vertu a été bafouée par l’homme, égoïste et inconséquent.

The wild side of life. Hank Thompson 1952
You wouldn’t read my letter if I wrote youYou asked me not to call you on the phoneBut there’s something I’m wanting to tell youSo I wrote it in the words of this song
I didn’t know God made Honky Tonk angelsI might have known you’d never make a wifeYou gave up the only one that ever loved youAnd went back to the wild side of life
The glamor of the gay nightlife has lured youTo the places where the wine and liquor flowWhere you wait to be anybody’s babyAnd forget the truest love you’ll ever know know
I didn’t know God made Honky Tonk angelsI might have known you’d never make a wifeYou gave up the only one that ever loved youAnd went back to the wild side of life

Le versant sombre de la vie. Hank Thompson 1952

Tu ne lirais pas mes lettres si je t’écrivais/ Tu m’as demandé de ne pas t’appeler au téléphone/ Mais il y a quelque chose que je veux te dire/ Alors je l’ai écrit dans les mots de cette chanson/ Je ne savais pas que Dieu avait fait des anges des Honky Tonks/ J’aurais peut-être su que tu ne deviendrais jamais une épouse/ Tu as abandonné le seul qui t’ait jamais aimé/ Et je suis retourné au côté sauvage de la vie/ Le glamour des plaisirs de la vie nocturne t’a envoutée/ Aux endroits où coulent le vin et la liqueur/ Où tu attends d’être la chérie du premier venu/ En oubliant l’amour le plus vrai que tu connai

It Wasn’t God Who Made Honky Tonk Angels. Kitty Wells 1952
As I sit here tonight, the jukebox playin’The tune about the wild side of lifeAs I listen to the words you are sayin’It brings memories when I was a trustin’ wife
It wasn’t God who made honky tonk angelsAs you said in the words of your songToo many times married men think they’re still singleThat has caused many a good girl to go wrong
It’s a shame that all the blame is on us womenIt’s not true that only you men feel the sameFrom the start most every heart that’s ever brokenWas because there always was a man to blame
It wasn’t God who made honky tonk angelsAs you said in the words of your songToo many times married men think they’re still singleThat has caused many a good girl to go wrong

Ce n’est pas dieu qui a créé les anges qui trainent dans les bars. Kitty Wells 1952.
Je suis assise ici ce soir à écouter le jukebox passer/ La chanson sur « Le côté sauvage de la vie »/ Alors que j’écoute les mots que tu dis/ Cela me rappelle les souvenirs de quand j’étais une femme honnête/ Ce n’est pas Dieu qui a fait des anges des honky tonks/ Comme tu l’as dit dans les paroles de ta chanson/ Trop de fois les hommes mariés pensent qu’ils sont toujours célibataires/ Cela a fait que beaucoup de filles sincères ont été abusées/ C’est honteux que tous les reproches soient pour nous les femmes/ Ce n’est pas vrai que seuls vous les hommes ressentez la même chose/Depuis le début, de presque tous les cœurs qui ont jamais été brisés/C’était parce qu’il y avait toujours un homme à blâmer

You’re gonna change or I’m gonna leave. Hank Williams Sr. 1949
Well, you wore out a brand new trunkPackin’ and un-packin’ your junkYour daddy’s mad, he’s done got peevedAnd you’re gonna change or I’m a-gonna leave
You gonna change your way of livin’, change the things you doStop doin’ all them things that you hurtin’ toYour daddy’s mad, he’s done got peevedAnd you gonna change or I’m a-gonna leave
Well, this ain’t right and that is wrongYou just keep naggin’, all the day longNow you gotta stop, I don’t mean pleaseYou gonna change or I’m a-gonna leave
The way to keep a woman happy and make her do what’s rightIs love her every mornin’, bawl her out at nightYour daddy’s mad, he’s done got peevedAnd you gonna change or I’m a-gonna leave
Well, every time you get madYou pack your rags and you go home to dadYou tell him lies he don’t believeAnd you gonna change or I’m a-gonna leave
You gonna change your way of livin’, change the things you doStop doin’ all them things that you hurtin’ toYour daddy’s mad, he’s done got peevedYou gonna change or I’m a-gonna leave
Eh you have it, You gonna change or I’m gonna leave

Tu vas changer ou je vais partir. Hank Williams Sr.
Eh bien, tu as ouvert une toute nouvelle malle/ Pour emballer et étaler tes merdes/ Ton bonhomme est devenu fou, il en a marre/ Et tu vas changer ou je vais partir/ Tu vas changer ta façon de vivre, changer les choses que tu fais/ Arrête de faire toutes ces choses auxquelles tu fais en dépit du bon sens/ Ton bonhomme est devenu fou, il en a marre/ Alors tu vas changer ou je vais partir/ Parce que, ce n’est pas juste et c’est mal/ Tu continues à me harceler, toute la journée/ Maintenant tu dois arrêter, et je ne veux pas te dire « s’il te plait »/ Tu vas changer ou je vais partir/ Pour garder une femme heureuse et lui faire faire ce qui est juste/ Il faut l’aimer tous les matins, l’engueuler la nuit/ Ton bonhomme est fou, il en a marre/ Et tu vas changer ou je vais partir/ Eh bien, chaque fois que tu te fâches/ Tu fais tes bagages et tu rentres chez papa/ Tu lui dis des mensonges qu’il ne croit pas/ Et tu vas changer ou je vais partir/ Tu vas changer ta façon de vivre, changer les choses que tu fais/ Arrête de faire toutes ces choses que tu fais mal/ Ton bonhomme est fou, il en a marre/ Tu vas changer ou je vais partir/ Maintenant que tu le sais, tu vas changer ou je vais partir

Better treat your man. Wayne Raney/ George Jones 1951-1964
You better start to treatin’ your man a little bit betterYou better wear a smile when I come home and not a frownYou better give me everything I need in the line of lovin’Or there’ll be a day when your old sweet man won’t be around.
Well, I work all day and a-half the night to please my babyAnd when I come home I found the place turned upside downI better find you there in bed asleep just like I left youIf I ain’t mistaken there’s a dirty little mouse been a-messin’ around.
You better start to treatin’ your man a little bit betterYou better wear a smile when I come home and not a frownYou better give me everything I need in the line of lovin’Or there’ll be a day when the old sweet man won’t be around.
(Instrumental)
Well, you was so nice and sweet and cute dear when I met youYou was daddy sweet little pet, so true and kindYeah, but since I brought you to this mean, old dirty cityWell it seems to me everybody pets you all the time
You better start to treatin’ your man a little bit betterYou better wear a smile when I come home and not a frownYou better give me everything I need in the line of lovin’Or there’ll be a day when your old sweet daddy won’t be around (x2)

Traite ton homme mieux que ça. Wayne Raney/ George Jones
Tu ferais mieux de commencer à traiter ton homme un peu mieux/ Tu ferais mieux d’arborer un sourire quand je rentre à la maison et pas un froncement de sourcils. Tu ferais mieux de me donner tout ce dont j’ai besoin dans le registre de l’amour/ Ou il y aura un jour où ton gentil vieil homme ne sera plus là/ Eh bien, je travaille toute la journée et la moitié de la nuit pour satisfaire ma chérie/ Et quand je rentre à la maison, je retrouve la baraque en vrac/ Je ferais mieux de te trouver là-bas endormie comme je t’ai laissé/ Si je ne m’abuse, il y a une petite souris qui s’amuse mettre le bazar/ Tu ferais mieux de commencer à traiter ton homme un peu mieux/ Tu ferais mieux d’arborer un sourire quand je rentre à la maison et pas un froncement de sourcils/ Tu ferais mieux de me donner tout ce dont j’ai besoin dans le registre de l’amour/ Ou il y aura un jour où le vieil homme doux ne sera plus là/ Eh bien, tu étais si gentille douce et mignonne chéri quand je t’ai rencontré/ Tu étais la petite chose à son chéri, si vraie et gentille/ Ouais, mais depuis que je t’ai amené dans cette vieille ville sale et pourrie/ Eh bien, il me semble que tout le monde passe son temps à te faire du gringue/ Tu ferais mieux de commencer à traiter ton homme un peu mieux/ Tu ferais mieux d’arborer un sourire quand je rentre à la maison et pas un froncement de sourcils/ Tu ferais mieux de me donner tout ce dont j’ai besoin dans le registre de l’amour/ Ou il y aura un jour où ton gentil vieil homme ne sera plus là (x2)

Contre-exemples
Ce tableau accablant, et parfois comique dans ses outrances, reflète les préjugés d’une époque. On serait tenté d’y voir la matière suffisante et nécessaire pour jeter le discrédit définitif sur un genre musical déjà accusé (à tort, nous l’avons déjà démontré ici) de véhiculer exclusivement stéréotypes racistes et politiquement réactionnaires. Or la réalité est plus complexe, plus riche, plus ambivalente. La lutte pour la dignité des femmes, la dénonciation du machisme le plus crasse ont toujours existé en parallèle aux tendances régressives.
Les Carlisles en 1954 ont une réputation de groupe comique, trio dynamique et proto Rockabilly de Hillbilly-Bop, ils se spécialisent dans un répertoire gaillard et allusif. Hercule femelle est un marqueur de la transition en cours, au schéma de l’agression sexuelle implicite se substitue une inversion des rôles : c’est l’agresseur qui se fait démolir par une femme forte qui prend le dessus.

Female Hercule. The Carlisles. 1954
Well I met a little gal on a cherry streetshe had lots of curves and she looked so neatI took her in my car and I could not waitto take that gal on a moonlight dateI thought she was the kind that I’d like to squeezeshe was just a female Hercules.
Well I put my arm around her and I pulled her up tightshe began to scratch and to kick and to biteshe hollered « Now, bud, you better take me homeI’m not the kind of gal that likes to roam »I thought she was the kind that I’d like to squeezeshe was just a female Hercules.
Well I tore out a runnin’ right across a fieldkickin’ up the dust like an automobilemy shirt tail runnin’ up and down my backevery step I took she done and give me a whackI’m tellin’ you boys I was cuttin’ the breezerunnin’ from this female Hercules.
Well she threw me on the ground and I heard my knee crackI twisted my arms like to broke my backshe threw me on the ground like a sack of mealand then she picked me up by the back of my heelI’m tell you boys she really gave me a tussleall of them curves weren’t nothin’ but muscle .
Well… I woke up the next mornin’ in a hospital bedtwo black eyes and a knot on my headteeth were all loose I had a brace on my neckI felt like I had just been in a wreckI’m tellin’ you boys I was cuttin’ the breezerunnin’ from this female Hercules.

Hercule femelle. The Carlisles. 1954
Eh bien, j’ai rencontré une petite fille dans la rue des cerises/ Elle avait beaucoup de rondeurs et elle avait l’air si soignée/ Je l’ai emmenée dans ma voiture et je ne pouvais pas attendre/ D’inviter cette fille à un rendez-vous au clair de lune/ Je pensais qu’elle était du genre que j’aimerais enlacer/ Elle n’était qu’une femme Hercule./ Eh bien, j’ai mis mon bras autour d’elle et je l’ai tirée fermement/ Elle a commencé à se gratter, à donner des coups de pied et à mordre/ Elle a crié « Maintenant, mon pote, tu ferais mieux de me ramener à la maison/ Je ne suis pas le genre de fille qui aime trainer/ Je pensais qu’elle était du genre que j’aimerais enlacer/ Elle n’était qu’une femme Hercule./ Eh bien, j’ai fait une course à travers champs/ soulevé la poussière comme une automobile/ La queue de ma chemise montait et descendait dans mon dos/ A chaque pas que je faisais, elle me suivait et m’a esquinté/ Je vous le dis les gars que je fendais la brise./ En fuyant cette femelle Hercule./ Eh bien, elle m’a jeté par terre et j’ai entendu mon genou craquer/ J’ai tordu mes bras comme pour me casser le dos/ Elle m’a jeté par terre comme un sac de farine/ Puis elle m’a pris par l’arrière du talon/ Je vous dis les gars qu’elle m’a vraiment donné un bras de fer/ Toutes ces courbes n’étaient rien d’autre que des muscles./ Eh bien… je me suis réveillé le lendemain matin dans un lit d’hôpital/ Avec deux yeux noirs et un bandage sur la tête/ Mes dents étaient toutes disjointes j’avais une attelle autour du cou/ J’avais l’impression d’être une épave/ Je vous le dis les gars que je fendais la brise/ En fuyant cette femelle Hercule.

La compassion et la pitié, s’ils ne sont pas encore la lutte pour l’égalité et la dignité sont une première étape vers l’évolution des consciences. J’ai une tendresse particulière pour un titre de Jimmy Driftwood transcendé par Frankie Miller en 1962, qui doit nous rappeler que le prisme chrétien a su parfois être facteur d’évolution des regards, en complément du sursaut de Kitty Wells, à des années lumières des stéréotypes constitutifs du genre Honkytonk masculin.

The Picture at St. Helene. Jimmy Driftwood/ Frankie Miller 1962
I met a girl in a cheap hotel, With features, oh, so fine.
She said, « Hello, » and we sat a spell, While I painted her form divine.
I took away all her sins, Put a babe in her arms, you see,
And I painted her as she would have been, If the devil had let her be.
She walked away with a cigarette, And I thought is strangely odd
When a gambler came and said, « I’ll bet You’ve painted the mother of God. »
So I added a halo to the scene, It brought ten thousand pounds.
She hangs on the wall at St. Helene, In the biggest church in town.
My model attracted a wealthy guy, He offered her gold for a kiss.
She turned him down and I wondered why She would miss a deal like this.
So I followed her to the marble hall, There I saw her stand serene
Before the picture on the wall, In the church at St. Helene.

Le tableau de Sainte-Hélène. Jimmy Driftwood/ Frankie Miller 1962
J’ai rencontré une fille dans un hôtel pas cher/ Avec tout ce qu’on peut s’attendre à y trouver./ Elle m’a dit, « Bonjour », et nous nous sommes assis pour discuter./ Alors que je peignais ses formes divines./ J’ai enlevé toutes les traces de ses péchés,/ Mis un bébé dans ses bras, tu vois,/ Et je l’ai peinte comme elle aurait été/ Si le diable lui en avait laissé le choix./ Elle est partie avec une cigarette/ Et j’ai pensé que c’était vraiment étrange/ Quand un joueur est venu et a dit : « Je parie que vous avez peint la mère de Dieu.”/ J’ai donc ajouté un halo à la scène/ Il a rapporté dix mille livres./ Elle est accrochée au mur à Sainte-Hélène/ Dans la plus grande église de la ville./ Mon modèle a attiré un gars riche,/ Il lui offrit de l’or pour un baiser./ Elle l’a refusé et je me suis demandé pourquoi/ Elle raterait une passe comme celle-ci./ Alors je l’ai suivie jusqu’à l’édifice de marbre, Là je l’ai vue se tenir sereine/ Devant l’image sur le mur/ Dans l’église de Sainte-Hélène.

Très intéressante découverte alors que j’allais chercher les transcriptions des paroles du Pine Grove Blues de Nathan Abshire : la censure en œuvre qui encore aujourd’hui détruit le sens tragique d’une chanson et en annihile le sens. La version orale, tant sur les enregistrements Swallow que sur les captations vidéos abondantes sur Youtube font entendre l’évocation pudique du récit en creux d’un viol : “Ta robe était toute déchirée, ça m’fait de la peine pour toi”. Aucune suspicion de complaisance dans les intonations blues de ce chef d’œuvre de la chanson cajun. Une approche naturaliste, compassionnelle, familière à ceux qui baignent dans les répertoires Old time et Honkytonk. Or, la traduction américaine, aussi bien que les transcriptions en français oralisé approximatif, éludent ce passage, pour y substituer bêtement “l’soleil était après s’lever” ! Exemple aussi stupide que puritain qui, dans sa révision canceliste, est infoutue de regarder le mal en face et de comprendre le sens premier d’une chanson qui en aucun cas ne saurait être soupçonnée d’apologie d’une quelconque “culture du viol”.

Hey, black woman ! 1949

Where did you go last night, my black woman? Hey, black woman!Where did you go last night, my black woman?You came back this morning.The sun was coming up.I feel sorry for you.Hey, black woman!Where did you go last night, my black woman?Hey, black woman!Where did you go last night, my black woman?You came back this morning.The sun was coming up.I feel sorry for you.

Hé, négresse Nathan Abshire. 1949

Et où toi t’es partie hier au soir, ma négresse?/ Hé, négresse!/ Et où toi t’es partie hier au soir, ma négresse?/ T’es ‘arrivée à c’matin./ L’soleil était après s’lever./ Ça m’fait d’la peine pour toi!/ Hé, négresse!/ Et où toi t’es partie hier au soir, ma négresse?/ Hé, négresse!/ Et où toi t’es partie hier au soir, ma négresse?/ T’es ‘arrivée à c’matin./ Ta robe était toute déchirée./ Ça m’fait d’la peine pour toi!

Autre tendance, plus rare mais ô combien précieuse, celle qui renverse la table en inversant les rôles assignés dans une posture provocatrice, punk même, et ce en 1953 ! La chanson de Sheb Wooley I heard about you se vautre dans l’immoralité et le libertinage sexuel de façon explicite. Elle ne fait l’impasse sur aucune des violences imposées aux femmes dans le registre sentimental et place l’interprète en situation de force, cette dernière n’hésitera pas à utiliser la violence pour avoir la paix : ce n’est plus la victime tremblante incarnée par Kitty Wells. Cerise sur le gâteau, une chute finale dont on peine à croire qu’elle ait pu franchir la censure des années 50 !

Charline Arthur (1929-1987), habituée du Big « D » Jamboree, seconde chanteuse country renommée après Kitty Wells en 1955 d’après un sondage auprès du public, fit carrière chez RCA où elle partagea des tournées avec Elvis Presley. En 1956 elle se fait éjecter de cette maison de disques à la suite d’une brouille avec Chet Atkins, ce dernier souhaitant minorer ses textes crus et transgressifs au profit d’une production plus mainstream. Perte de contrat, divorce, la liberté de ton d’une artiste considérée comme l’une des influences de Patsy Cline lui couta cher et le succès ne revint pas lui sourire. Redécouverte par Bear family et enfin reconnue dans les années 90, elle est aujourd’hui surtout honorée dans les milieux rockabilly.
De cette même génération n’oublions pas non plus Rose Maddox, moins sulfureuse, mais exprimant dans de nombreuses chansons des années 50 la figure d’une femme maitresse de son destin et de ses désirs. Looky there over there en particulier qui a toutes les caractéristiques de l’urgence hédoniste du rockabilly.

I heard about you (Sheb Wooley) Charline Arthur – 1953
(Transcription de Mel Priddle – Juin 2017)

I heard about you and the life you’ve lived
I heard about you and that cute redhead
I heard about your kisses on the telephone
So get away from me, you better leave me alone
‘Cause I heard about the way you cheated and lied
I heard about the girls committin’ suicide
I heard about you lovin’ in the other room
Oh, you better keep your distance or I’ll get me a broom
I heard about the girl from Tennessee
The way she shows her ?
And that y’all cutie from Birmingham
Oh, you dog, what a lover you am
‘Cause I heard about you and the girl named Boo
I heard about the shindigs you went to
I heard about the way she spent your dough
So don’t you come at me with that angel glow
I heard about the way you ran around
I heard about the way you painted the town
I heard about you and those rovin’ eyes
So come to me, daddy, and apologise
I heard about the way you hug so tight
I heard about the way you kiss goodnight
Love me, daddy, and prove they’re true
All the things I’ve heard about you

J’ai entendu parler de toi (Sheb Wooley) Charline Arthur – 1953
J’ai entendu parler de toi et de la vie que tu as vécue/ J’ai entendu parler de toi et de cette jolie rousse/ J’ai entendu parler de tes baisers par téléphone/ Alors éloigne-toi de moi, tu ferais mieux de me laisser tranquille/ Parce que j’ai
entendu parler de la façon dont tu as triché et menti/ J’ai entendu parler des filles qui se suicident/ J’ai entendu faire l’amour dans la pièce d’à coté/ Oh, tu ferais mieux de garder tes distances ou je vais me chercher un balai/ J’ai entendu parler de la fille du Tennessee/ La façon dont elle lui montre son ?/ Et cette mignonne de Birmingham/ Sale chien, quel amoureux tu fais !/ Parce que j’ai entendu parler de toi et de la fille nommée Boo/ J’ai entendu parler des fiestas où tu es allé/ J’ai entendu parler de la façon dont elle a dépensé ton pognon. Alors ne viens pas vers moi avec ta gueule d’ange/ J’ai entendu parler de la façon dont tu cavalais/ J’ai entendu parler de la façon dont tu traines en ville/ J’ai entendu parler de toi et de tes regards pervers/ Alors viens à moi, bonhomme, et excuse-toi/ J’ai entendu parler de la façon dont tu les étreins si fort/ J’ai entendu parler de la façon dont tu leur souhaites bonne nuit/ Prends-moi, bonhomme, et prouve qu’elles sont vraies/ Toutes les choses que j’ai entendues sur toi

All my friends are gonna be strangers. Liz Anderson/ Merle Haggard 1964
Oh, the love you promised would be mine foreverI would have bet my bottom dollar on
Well, it sure turned out to be a short foreverJust once I turned my back and you were goneFrom now on all my friends are gonna be strangersI’m all through ever trusting anyone
The only thing I can count on now is my fingersI was a fool believing in you and now you are goneIt amazes me, not knowing any better
Than to think I had a love who would be trueWhy, I should be taken out, tarred and featheredTo have let myself be taken in by you
From now on all my friends are gonna be strangersI’m all through ever trusting anyone
The only thing I can count on now is my fingersI was a fool believing in you and now you are gone

Tous mes amis seront des étrangers. Liz Anderson/Merle Haggard 1964
Oh, l’amour que tu m’avais promis devait être le mien pour toujours/ J’aurais parié dessus mon dernier dollar/ Eh bien, il s’est avéré que c’était une éternité courte/ Juste une fois j’ai tourné le dos et tu étais parti/ A partir de maintenant tous mes amis vont être des étrangers/ Je ne vais plus jamais faire confiance à quelqu’un/ La seule chose sur laquelle je peux compter maintenant c’est mes doigts/ J’étais une idiote de croire en toi et maintenant tu es parti/ Cela m’étonne, de ne pas avoir compris plus tôt/ Que de penser que j’avais un amour qui serait vrai/ C’est pourquoi je devais être balancée, goudronnée et enduite de plumes/ De m’être laissé prendre par toi/ A partir de maintenant tous mes amis vont être des étrangers/ Je ne vais plus jamais faire confiance à quelqu’un/ La seule chose sur laquelle je peux compter maintenant c’est mes doigts/ J’étais un idiot de croire en toi et maintenant tu es parti

La grande bascule des années 60 voit l’émergence de chanteuses à fortes personnalités, qui bien que s’inscrivant dans un genre réputé réactionnaire, donnent alors un point-de-vue féminin sur des décennies de misogynie enregistrée et banalisée. La force de leur engagement découle de leurs conditions de réception : elles ne sont en aucun cas affiliées au Protest songs ni aux mouvements émancipateurs de la contre-culture. Elles s’expriment dans des médias conservateurs, pour un public ciblé qui leur ressemble. Et alors que se poursuivent les injonctions conservatrices, Liz Anderson, Loretta Lynn et Dolly Parton s’inscrivent dans la voie tracée par Charline Arthur. Elles redéfinissent leurs rôles et portent sur leurs contemporains des jugements bien sentis. Liz Anderson est en 1964 l’autrice d’un tube qui sera masculinisé et popularisé par Merle Haggard : le temps de l’insouciance naïve et de la soumission prend fin dans les larmes. Mais c’est Loretta Lynn qui se montra la plus combattive dans cette génération, à coté de laquelle Joan Baez, icône certifiée de la contre–culture me parait un peu fade !

You Ain’t Woman Enough (To Take My Man) a été enregistrée pour Columbia en 1965. En 2016 Loretta Lynn confia avoir rencontré backstage une admiratrice qui s’était ouverte de ses craintes de se faire piquer son mari par une autre femme, ce à quoi elle l’avait consolée en lui disant : “Elle n’est pas assez femme pour prendre ton bonhomme !”. On objectera que ce titre ne porte aucune once de féminisme, le propos est ici ailleurs : dans le même registre que The pill, Loretta affiche ici une affirmation de soi affranchie du regard masculin, tout bêtement le rappel d’une existence par elle-même qui ne veut plus dépendre d’autrui. Loretta poussa le curseur un peu plus loin mais dans la même veine avec le These boots are made for walking, qui, bien que popularisé par Nancy Sinatra, reste un pur produit du Nashville sound du milieu des années 60.
Si These boots are made for walking menacent l’homme dans les limites de la bienséance, au point d’avoir été récupéré par Dior, on tentera d’imaginer des publicitaires tentant de convertir en chansonnette branchouille et urbaine le Fist City de la même Loretta. Outre la puissance vocale de ces deux chansons de Loretta, elles puisent leur force dans le vécu de l’ autrice-interprète, exténuée par des tournées incessantes, persuadée, souvent à raison, que des filles tournaient de trop près autour de Doolitle Lynn, son époux, ce dernier finissant par reconnaitre qu’il n’aimait plus sa femme. Copieusement méprisée par les médias urbains de la Cote-Est qui se demandaient à l’orée des années 70 si elle était assez alphabétisée pour obtenir l’écrit du permis de conduire (!), Loretta su se constituer un public fidèle et trans-générationnel. Avec 160 chansons écrites, 60 albums enregistrés, 3 Grammy Awards, décorée de la médaille présidentielle de la liberté par Barack Obama en 2013 elle peut être considérée comme l’une des figures majeures qui changèrent l’image de la femme bien au-delà du cercle des amateurs de Country Music.

You ain’t woman enough to take my man, Loretta Lynn, 1966
You’ve come to tell me something you say I ought to knowThat he don’t love me anymore and I’ll have to let him goYou say you’re gonna take him oh but I don’t think you can’Cause you ain’t woman enough to take my man
Women like you they’re a dime a dozen you can buy ’em anywhereFor you to get to him I’d have to move overAnd I’m gonna stand right hereIt’ll be over my dead body so get out while you can’Cause you ain’t woman enough to take my man
Sometimes a man start lookin’ at things that he don’t needHe took a second look at you but he’s in love with meWell I don’t know where they leave you oh but I know where I’ll standAnd you ain’t woman enough to take my man
Women like you they’re a dime a dozen you can buy ’em anywhereFor you to get to him I’d have to move overAnd I’m gonna stand right hereIt’ll be over my dead body so get out while you can’Cause you ain’t woman enough to take my manNo, you ain’t woman enough to take my man

Tu n’es pas assez femme pour prendre mon homme, Loretta Lynn, 1966
Tu es venue me dire quelque chose que tu dis que je devrais savoir/ Qu’il ne m’aime plus et que je devrais le laisser partir/ Tu dis que tu vas me le prendre, oh, mais je ne pense pas que tu puisses/ Parce que tu n’es pas assez femme pour prendre mon homme/ Des femmes comme toi, on en trouve pour une pièce la douzaine, on peut les acheter n’importe où/ Pour que tu l’atteignes, je devrais déménager/ Mais je vais rester ici, ça se terminera sur mon cadavre alors sors tant que tu le peux/ Parce que tu n’es pas assez femme pour prendre mon homme/ Parfois, un homme commence à regarder des choses dont il n’a pas besoin/ Il t’a regardé une seconde fois mais il est amoureux de moi/ Eh bien, je ne sais pas d’où ils t’ont jetée oh mais je sais d’où je te parle/ Et tu n’es pas assez femme pour prendre mon homme/ Des femmes comme toi, on en trouve pour une pièce la douzaine, on peut les acheter n’importe où/ Pour que tu l’atteignes, je devrais déménager, mais je vais rester ici/ Ca se terminera sur mon cadavre alors sors tant que tu le peux/ Parce que tu n’es pas assez femme pour prendre mon homme. Non, tu n’es pas assez femme pour prendre mon homme

Fist City. Loretta Lynn 1968
You’ve been making your brags around townThat you’ve been a-loving my manBut the man I love, when he picks up trashHe puts it in a garbage canAnd that’s what you look like to meAnd what I see is a pityYou’d better close your face and stay out of my wayIf you don’t wanna go to Fist CityIf you don’t wanna go to Fist CityYou’d better detour around my town’Cause I’ll grab you by the hair of your headAnd I’ll lift you off of the groundI’m not a-sayin’ my baby is a saint, ’cause he ain’tAnd that he won’t cat around with a kittyI’m here to tell you, gal, to lay off of my manIf you don’t wanna go to Fist CityCome on and tell me what you told my friendsIf you think you’re brave enoughAnd I’ll show you what a real woman isSince you think you’re hot stuffYou’ll bite off more than you can chewIf you get too cute or wittyYou better move your feet, if you don’t wanna eatA meal that’s called Fist CityIf you don’t wanna go to Fist CityYou’d better detour around my town’Cause I’ll grab you by the hair of your headAnd I’ll lift you off of the groundI’m not a-sayin’ my baby is a saint, ’cause he ain’tAnd that he won’t cat around with a kittyI’m here to tell you, gal, to lay off of my manIf you don’t wanna go to Fist CityI’m here to tell you, gal, to lay off of my manIf you don’t wanna go to Fist City

La ville de mon poing dans ta gueule. Loretta Lynn 1968
Tu as proclamé fièrement partout en ville, Que tu as baisé mon homme/ Mais l’homme que j’aime, quand il ramasse les ordures/ Il les met dans une poubelle, Et c’est à ça que tu ressembles pour moi/ Et ce que je vois fait pitié/ Tu ferais mieux de fermer ta gueule et de rester hors de mon chemin/ Si tu ne veux pas visiter la ville de ma main dans ta gueule/ Si tu ne veux pas aller à la ville de ma main dans ta gueule/ Tu ferais mieux de faire un détour par ma ville/ Parce que je vais t’attraper par les cheveux Et que je te soulèverai du sol/ Je ne dis pas que mon bonhomme est un saint, parce qu’il ne l’est pas/ Et qu’il ne déconne pas avec des morues/ Je suis ici pour te dire, ma fille, de t’éloigner de mon homme/ Si tu ne veux pas aller la ville de ma main dans ta gueule/ Viens et dis-moi ce que tu as dit à mes amis/ Si tu penses que tu es assez courageuse/ Et je vais te montrer ce qu’est une vraie femme/ Puisque tu penses que tu es sexy/ Tu vas mordre plus que tu ne peux mâcher/ Si tu te la joues trop mignonne ou trop maline/ Tu ferais mieux de bouger les pieds, si tu ne veux pas manger/ Un repas qui s’appelle la ville de mon poing dans ta gueule

Impossible de traverser les années 60-70 sans évoquer Dolly Parton, qui remplaça la malheureuse Norma Jean auprès de Porter Wagoner de 1967 à 1974. Succès public indéniable pour le duo, mais grandes difficultés et problèmes d’ego pour Porter qui n’arrivait pas à percer en solo. La rupture, à savoir l’émancipation de Dolly Parton désireuse de prendre sa carrière et ses choix artistiques en main ne fut pas sans amertume. Star planétaire, elle assume une image d’elle-même dont elle n’est pas dupe, instrumentalisant les clichés de la bombe anatomique pour bâtir un empire.

Dumb blonde, Dolly Parton, 1966
Don’t try to cry your way out of thisDon’t try to lie or I’ll catch you in itDon’t try to make me feel sorry for youJust because I’m blondeDon’t think I’m dumb’Cause this dumb blonde ain’t nobody’s foolWhen you left you thought I’d sitAnd you thought I’d waitAnd you thought I’d cryYou called me a dumb blonde (Dumb blonde)Ah, but somehow I lived through itAnd you know if there’s one thing this blonde has learnedBlondes have more funYou flew too high up off the groundIt’s stormy weather and had to come back downBut I’ve found new thread for my old spoolJust because I’m blondeDon’t think I’m dumb’Cause this dumb blonde ain’t nobody’s fool


Blonde idiote, Dolly Parton, 1966
N’essaye pas de pleurer pour t’en tirer/ N’essaye pas de mentir ou je te mettrai le nez dedans/ N’essaye pas de me faire me sentir désolée pour toi/ Simplement parce que je suis blonde/ Ne pense pas que je sois stupide/ Parce que cette stupide blonde n’est pas dupe/ Quand tu es parti, tu pensais que j’allais m’asseoir/ Et tu pensais que j’attendrais/ Et tu pensais que je pleurerais/ Tu m’as traité de blonde idiote (blonde idiote)/ Ah, mais d’une manière ou d’une autre j’ai vécu ça/ Et tu vois s’il y a une chose que cette blonde a apprise/ C’est que les blondes s’amusent plus/ Tu as pété plus haut que ton cul/ Par ce temps orageux tu as dû redescendre/ Mais j’ai trouvé un nouveau fil pour mon ancienne bobine/ Simplement parce que je suis blonde/ Ne pense pas que je sois stupide/ Parce que cette stupide blonde n’est pas dupe

Toute autre est la posture de Tammy Wynette. Sans verser dans une psychologie de comptoir, il faut rappeler que Tammy ne connut que déboires sentimentaux et déceptions dans sa quête permanente d’un homme “fort” capable de lui offrir cadre et structure stable. Or, le choix de Georges Jones, qu’elle idolâtrait, alors qu’elle était toujours mariée, et la prise en main de sa carrière par le producteur Billy Sherrill, ne pouvaient satisfaire cette attente. La conjugaison d’une posture de soumission revendiquée avec la stratégie commerciale de Billy Sherrill, qui composait et écrivait ses textes à partir d’études de marché, ne pouvaient aboutir qu’à un reflet des attentes dominantes du public. En 1967 une des premières études révèle que 65% des disques country sont achetés par des femmes entre 22 et 45 ans. Sherill entame en 1967 la rédaction de Stand By your Man, ode à la soumission qui présente sur le plan musical une très intéressante fusion entre le son Motown, les arrangements de Phil Spector (basse en avant, mur de son) et les schémas lancinants du Honky tonk.
Le titre fait un tabac. Suscitant la furie des féministes. Les diverses tentatives de rétropédalage affirmant que le texte est plus féministe qu’il n’y parait sont carbonisées par une déclaration de Tammy elle-même : “Parfois, je pense que les femmes qui font le plus de bruit sont les moins libérées. Je n’avais pas le temps de me plaindre d’une cause parce que j’étais trop occupé à travailler.”

Tammy Wynette, Stand by your man, 1968
I’ve been accused, among other thingsOf doing most of my writing for you ladiesBut I did write a song special for you guysDon’t go away feeling slightedThis is special for you
Sometimes it’s hard to be a womanGiving all your love to just one manYou’ll have bad times, and he’ll have good timesDoin’ things that you don’t understand
But if you love him, you’ll forgive himEven though he’s hard to understandAnd if you love him, oh, be proud of him’Cause after all, he’s just a man
Stand by your manGive him two arms to cling toAnd something warm to come toWhen nights are cold and lonely
Stand by your manAnd show the world you love himKeep giving all the love you canStand by your man (x2)And show the world you love himKeep giving all the love you canStand by your man; Your man

Tammy Wynette, Soutiens ton homme, 1968
J’ai été accusé, entre autres/ De faire la plupart de mes écrits pour vous mesdames/ Mais j’ai écrit une chanson spéciale pour vous les gars/ Ne pars pas en te sentant lésé/ C’est spécialement pour toi/ Parfois c’est dur d’être une femme/ Donner tout ton amour à un seul homme/ Tu auras de mauvais moments, et il aura de bons moments/ Faire des choses que tu ne comprends pas/ Mais si tu l’aimes, tu lui pardonneras/ Même s’il est difficile à comprendre. Et si tu l’aimes, oh, sois fier de lui/ Parce qu’après tout, c’est juste un homme/ Près de Ton homme/ Donne-lui deux bras auxquels s’accrocher/ Et quelque chose de chaud à attendre/ Quand les nuits sont froides et solitaires/ Tiens-toi près de votre homme/ Et montre au monde que tu l’aimes/ Continue de donner tout l’amour que tu peux/ Tiens-toi près de ton homme/ (x2) Et montre au monde que tu l’aimes/ Continue de lui donner tout l’amour que tu peux. Tiens-toi près de Ton homme, Ton homme

En 2014, l’ex chanteur du groupe Eleven Hundred Springs offre dans son disque solo un texte fort intéressant où le narrateur expose sans filtre le salopard manipulateur et consommateur qu’il est. La déconstruction est en marche, le mauvais rôle est sans doute possible celui de l’homme. Cynisme, indifférence, que de chemin parcouru depuis l’arrogance machiste des années 40 !

It was me. Matt Hillyer 2014.
If you’re waiting around from me to say something clever You might be waiting, a mighty long time. Cause it’s moments like this that I can’t said I ever had much used for reasons to rhymes If you wondering who’s to blame cause this ain’t working anymore If you’re asking what went wrong, you need only know my name If you’re really keeping score, don’t you see, it was me all alone It was me who made the promess that I always love you Could it be, It was me, who lied ? It was me who swore to never ever put a soul above you And deliver to you a river that you cried When they ask you who it was who tore your little world apart When he set you free, tell ‘em it was me who broke your heart Will you ask me how it is that I can play you for a fool And play it cool like I’m scot-free You can never understand what made a man this cruel Was it anything you’ve done no it was me It was me who looked into your eyes and said words like for ever. Knowing that it never would be true It was me who talking lies like that we’ll always be together When leavin’ is all I ever know to do If they ever want to know who made the teardrops starts Who else it could be, baby it was me who broke your heart When I set you free baby it was me who broke your heart

C’était moi. Matt Hillyer 2014. (Merci à David Phisel pour l’aide à la transcription.)
Si tu attends de ma part que je dise quelque chose d’intelligent, tu attendras peut-être, très longtemps. Parce que c’est dans des moments comme ça que je ne peux pas dire que j’ai déjà beaucoup utilisé pour des raisons de rimer. Si tu te demandes qui est à blâmer parce que ça ne marche plus c’est vraiment le coupable, c’est moi qui ai fait la promesse de t’aimer toujours Serait-ce possible que ce soit moi qui ai menti ? C’est moi qui ai juré de ne jamais mettre personne au-dessus de toi Et de te délivrer d’avoir à pleurer des rivières. Quand ils te demandent qui a déchiré ton petit monde Quand il t’a abandonné, dis-leur que c’est moi qui ai brisé ton cœur Me demanderas-tu comment il se fait que je puisse te prendre pour une idiote Et le jouer cool comme si j’étais indemne Tu ne pourras jamais comprendre ce qui a fait de moi un homme aussi cruel Est-ce que tu as fait quelque chose ? Non c’était moi C’était moi qui ai regardé dans tes yeux et dit des mots comme pour toujours Sachant que ce ne serait jamais vrai C’est moi qui ai dit des mensonges, que nous serons toujours ensemble, et provoquer tes larmes. Qui d’autre cela pourrait-il être, bébé c’est moi qui ai brisé ton cœur. Quand je t’ai jetée bébé c’est moi qui ai brisé ton cœur.

Conclure est impossible sur une dynamique encore en cours. Si la Country-Music a suivi les schémas sociaux et les représentations dominantes dans le passé, elle n’a jamais totalement éludé une prise de conscience et une illustration engagée des injustices et violences faites aux femmes. Le Honkytonk épuise depuis plus de 70 ans tous les clichés de la femme fatale, des “fluctuations de la fesse » pour citer Michel Audiard et des ravages existentiels, dont nous avons démontré que dès les années 50, il sort d’une exclusive mise en scène de la perversion féminine. A la fin des années 60 la vérité de la condition féminine émerge chez des chanteuses dont les contemporains n’ont pas su évaluer le progressisme ni la lutte pour l’émancipation, puisque a priori s’exprimant dans des genres “réactionnaires”.
En 2022, le genre a suivi l’évolution de la société, pas toujours pour le meilleur puisque le Nashpop continue d’exploiter des figures de femmes-objets dont l’inanité et la vulgarité n’a pas grand-chose à envier à leurs sœurs de la pop ou du rap. © (Eric Allart)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :